Rapport Stimulus suite au suicide de Bruno Masson : entre banalités et lieux communs…

Suite au suicide de notre collègue Bruno Masson, les élus du CSE ont décidé de confier une mission d’expertise au cabinet SECAFI pour tenter de faire la lumière sur la possible responsabilité de l’employeur en la matière ; ce rapport sera présenté prochainement. Comme pour faire « contrepoids » à ce rapport voulu par les représentants du personnel, la direction a décidé de faire également appel à un cabinet spécialisé (Stimulus) pour produire son propre rapport… C’est ce dernier qui a été présenté au CSE ce 12 septembre. Nous n’en attendions pas grand-chose, nous n’avons pas été déçus !

En début de réunion et pendant de longues minutes, la direction, par la voix d’Éric Saltiel, puis les représentants du cabinet Stimulus, ont exigé la confidentialité totale sur le rapport qui allait être présenté, comme si les représentants du personnel pouvaient manquer de discernement et divulguer à la terre entière des informations confidentielles concernant notre collègue décédé.

Mais cette confidentialité demandée fut bien inutile. Non seulement l’ensemble des informations présentées par le cabinet Stimulus sont connues des représentants du personnel avec le goût amer d’un rapport visant surtout à dédouaner la direction de toute responsabilité. Quant aux quelques préconisations avancées par Stimulus, elles ressemblent bigrement à celles entendues lors des enquêtes qui ont suivies les deux précédents suicides que l’entreprise a connu ces dernières années (en ex CELCA). Seule vérité que la direction aurait dû entendre depuis des mois : « un changement aussi profond qu’une fusion doit obligatoirement s’accompagner d’un dispositif important de véritable accompagnement des salariés » et stimulus de préciser que « dans cette fusion, le rôle de la direction n’est pas seulement de parler de la nouvelle organisation aux salariés, mais d’échanger très régulièrement sur leur ressenti et veiller à ce qu’ils se sentent bien dans des fonctions qui leur conviennent ». Ça n’a pas été le cas, loin s’en faut !

Les élus du Syndicat Unifié-Unsa ont tenu à rappeler que ce sont les directions des ex CEA et CELCA, et elles seules, qui ont fait le choix d’une fusion à marche forcée en 9 mois seulement. Et c’est la direction de la CEGEE, et elle seule, qui a décidé moins de 6 mois après la fusion de supprimer dans la foulée 550 postes pour augmenter les résultats… Comment dans de telles conditions trouver encore du sens dans son travail au quotidien et dans la stratégie de l’entreprise ?

Nous avons aussi dénoncé le fait que les préconisations issues de l’enquête sur le précédent suicide dans l’entreprise n’ont jamais été communiquées aux salariés, ni même mises en place, malgré les relances répétées des élus SU-UNSA. Comme si la direction souhaitait dissimuler ses carences en matière de santé au travail et que le temps ferait oublier ces manquements. Combien faudra-t-il encore de burn-out ou de drames pour que notre entreprise comprenne que sa stratégie et sa politique managériale sont néfastes pour le personnel de la CEGEE ?

Et le fait que la direction décide d’organiser des activités « bien-être » dans l’entreprise, à la pause méridienne dans les centres administratifs, ne change rien, c’est de la cosmétique pure. C’est bien toute sa relation au salarié et sa stratégie d’entreprise qui peut permettre au personnel de se sentir bien au travail et donner du sens à son quotidien professionnel…

Le lendemain, en Commission Santé Sécurité et Conditions de Travail, ces sujets allaient cependant resurgir à la face de nos dirigeants d’une manière inattendue…